Travail dissimulé

 Dans Droit du travail

Le travail dissimulé reste l’un des risques sociaux les plus sévèrement sanctionnés.

Les conséquences ne se limitent pas à une amende : pénal, administratif, social… l’exposition est globale et durable.

Quelles sont les infractions visées ?

Trois catégories concentrent l’essentiel des contentieux :

  • Dissimulation d’activité ou d’heures (absence de déclaration d’activité, défaut de déclaration préalable à l’embauche, salaires ou heures non déclarés, bulletins de paie incomplets ou inexacts…)
  • Prêt illicite de main-d’œuvre et marchandage (mise à disposition de salariés à but lucratif hors cadres autorisés, atteinte aux droits du salarié ou contournement des règles légales et conventionnelles…)
  • Emploi d’un étranger sans autorisation de travail (emploi direct ou indirect, non-respect des limites figurant sur le titre de travail en termes de poste, de zone, de durée…)

Des sanctions pénales sont dissuasives et les peines frappent le dirigeant et l’entreprise :

Travail dissimulé

  • Jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende (personne physique)
  • 225 000 € d’amende (personne morale)

Prêt illicite de main-d’œuvre / marchandage

  • Jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende
  • 150 000 € d’amende pour la société

Emploi d’un étranger non autorisé

  • Jusqu’à 5 ans de prison
  • Amende appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés

A noter que les peines sont aggravées en cas de pluralité de salariés, de personnes vulnérables ou de bande organisée.

Des sanctions administratives en plus des sanctions pénales… :

  • Amende administrative pouvant atteindre 5 000 fois le minimum garanti
  • Suppression ou remboursement des aides publiques (apprentissage, activité partielle, formation…)
  • Fermeture temporaire de l’établissement ou du chantier
  • Exclusion des marchés publics

Et un redressement URSSAF pour finaliser le dossier !

  • Suppression des exonérations et réductions de charges
  • Redressement calculé sur les rémunérations versées
  • Majoration de 25 %, pouvant grimper à 40 %, 45 % voire 60 % en cas de récidive

Délai de prescription porté à 5 ans.

Le vrai enjeu pour l’entreprise reste l’anticipation pour éviter de se retrouver confronter à une situation de travail illégal.

Dans la majorité des dossiers, le risque naît :

  • d’une organisation approximative,
  • d’un recours mal encadré à la sous-traitance,
  • ou d’une mauvaise qualification de la relation de travail.

La conformité sociale n’est pas qu’un sujet RH.

C’est un enjeu stratégique de gouvernance et de responsabilité du dirigeant.

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